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Article
20. -- Protection des enfants séparés de
leurs parents
"
Tout enfant qui est temporairement ou définitivement
privé de son milieu familial, ou qui dans son
propre intérêt ne peut être laissé dans ce
milieu, a droit à une protection et une aide
spéciales de l'État "
Convention
internationale relative aux Droits de l'Enfant |
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L'esclavage
contemporain des enfants
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Selon
le B.I.T. (Bureau International du Travail),
250 millions d'enfants de cinq à quatorze ans
sont contraints au travail dans le monde. Ils
vivent pour la majorité dans les pays du
Tiers Monde, d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique
du Sud, mais aussi en Europe où près de 2
millions de jeunes de moins de 15 ans
travaillent. Notamment au Royaume Uni, en
Allemagne, en Italie. On estime que 40
millions d'enfants travaillent en Inde, 5
millions aux Philippines, etc.
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Les
secteurs qui emploient les jeunes sont très
variés, mais les conditions de travail sont
presque partout les mêmes. Citons, à titre
d'exemple :
-
Un
mineur de fond en Colombie, âgé de 14
ans, passe la journée à 100 m. sous
terre dans une atmosphère irrespirable
pour l'équivalent de fr. 100.- par
semaine.
-
En
Tanzanie, la norme est de 11 heures par
jour pour les jeunes qui travaillent dans
les plantations.
-
En
Thaïlande, certains passent plus de 15
heures assis par terre à écailler des
crevettes.
-
En
Malaisie, des enfants, exposés aux piqûres
de serpents et d'insectes, sont forcés de
travailler 17 h. par jour dans des
plantations de caoutchouc.
-
En
Inde, les enfants travaillent dans des
fabriques de verre non aérées et équipées
de fourneaux dont la température varie
entre 18%0 et 1600 degrés, et ne sont pas
aérés.
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L'agriculture
est le secteur qui emploie le plus d'enfants.
Ceux-ci sont misérablement rémunérés. À
travail égal, ils ne reçoivent que la moitié
de la paie d'un adulte. Souvent ils ne sont même
pas payés, notamment lorsqu'il s'agit de
l'entreprise familiale.
Dans
ce secteur, on compte également un grand
nombre d'enfants que l'on peut qualifier
d'esclaves. En effet, ils ne sont pas rémunérés
et deviennent propriété temporaire ou définitive
de leur employeur, jusqu'à ce que la dette
contractée par leurs parents soit remboursée.
Il est difficile de donner un chiffre, ces
enfants ne sont que rarement déclarés aux
autorités administratives.
Dans
le textile, les enfants maintenus en servitude
dans les usines de tapis en Inde, au Pakistan
ou au Népal travaillent parfois jusqu'à 20h.
par jour, 7 jours par semaine. Souvent ils
dorment, mangent et travaillent dans une seule
petite chambre obscure. Ils travaillent dans
des postures inconfortables, dans la poussière,
et souffrent fréquemment de problèmes
respiratoires, oculaires ou de déformation de
la colonne vertébrale.
Mentionnons
également le tourisme sexuel qui fait des
ravages, en Thaïlande, aux Philippines et
ailleurs. Attirés par une rémunération
attractive, des enfants de plus en plus jeunes
campagnards et sans éducation, tombent dans
le piège de la prostitution et sont la proie
des maladies vénériennes et du sida. A cela,
il faut ajouter l'enrôlement forcé d'enfants
dans des armées en guerre.
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L'Europe
est aussi concernée.
A Amarante, au Portugal, chaque jour 500
paires de chaussures de grandes marques européennes
sont fabriquées par des enfants au prix de
fr. 6.- l'heure ($ 3.40). A Naples, en Italie,
des fillettes de 12-13 ans passent la journée
entière derrière une machine à coudre. A
Manchester, en G.B., des enfants aident leurs
mères qui travaillent à domicile pour des
usines.
Tous
ces enfants sont sous-payés, donc rentables.
Le prix affiché sur une écharpe de soie ne
reflète pas le fait que des fillettes de 5
ans attrapent des ulcères à cause de la
teinture qu'elles avalent en coupant les fils
de soie avec leurs dents. Dans les magasins
chics de Paris, Rome ou Genève, où l'on
trouve des tissus, des sacs ou des chaussures
de luxe, la mention "cousu main",
label de qualité, cache souvent la journée
de travail d'un enfant.
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Le
travail des enfants est le résultat de
plusieurs facteurs économiques et sociaux,
avec en tête :
-
Le
besoin pressant de revenus supplémentaires
de la part de familles démunies.
-
Le
remboursement des dettes.
-
Le
manque de confiance dans l'école
(programmes non appropriés, classes bondées,
enseignants peu motivés ou absents) et la
croyance que l'enfant prépare mieux son
avenir par le travail.
-
L'impossibilité
d'assumer le coût des études, l'école
est payante dans de nombreux pays, ou du
moins l'uniforme, les livres, les cahiers.
-
L'indifférence
de la société face à ce problème
social.
-
La
politique laxiste suivie par les
gouvernements qui ne punissent pas ceux
qui enfreignent la loi.
Enfin,
la crise économique sévère qui a frappé
l'ensemble des pays du Sud et de l'Est et dont
les enfants sont les victimes les plus
fragiles.
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Quel
avenir ?
Le
17 juin 1999, la Conférence Internationale du
Travail a adopté à l'unanimité la nouvelle
Convention pour l'interdiction et l'élimination
immédiate des pires formes de travail des
enfants. Cette convention pourrait amener un
vrai changement à condition que la pression
pour sa ratification et sa mise en œuvre soit
maintenue.
Nous
sommes tous concernés. Mais que faire ?
- - Prendre
position lorsque nous sommes confrontés
à une situation d'exploitation des
enfants.
- -
Militer dans des groupes qui visent la
protection des enfants.
- -
En tant que consommateurs, demander des
informations sur les conditions de
production des produits que l'on a
l'intention d'acheter.
- -
En tant que consommateurs,
s'approvisionner régulièrement dans les
points de vente des associations militant
pour l'établissement d'un commerce équitable
entre les pays du Nord et ceux du Sud.
- -
En tant qu'actionnaires, réclamer, lors
des Assemblées, l'adoption d'un code d'éthique
par l'entreprise et par ses fournisseurs.
- -
En tant que citoyens, demander la
ratification de toutes Conventions du BIT
toutes mesures pour éliminer le travail
des enfants chez nous et dans les pays qui
bénéficient de l'aide de notre pays.
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